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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 09:30

http://img.over-blog.com/320x500/4/19/32/81/blog-1/Le-passage-justin-cronin.jpg  Le Passage de Justin Cronin, éditions Robert Laffont. Gros et lourd genre 1000 pages qui font des crampes dans tes bras quand tu lis le soir.

Achtung : c'est le premier volet d'une trilogie. En VO, le tome 2 est prévu pour 2012, le dernier pour 2014.

Achtung bis : ce billet contiendra des spoilers sur les 500 premières pages.

20?? une expédition dans une forêt bizarre, tout le monde claque ou presque. Fallait pas tomber sur des chauve-souris agressives et pleine de virus. Ca vous fera les pieds d'aller vous balader dans la forêt, tas de scientifiques hippies.
2010 : l'armée a développé un mega complexe secret suite à cette expédition. Normal. C'est l'armée. Vont vouloir en faire une mega secret weapon à tous les coups se dit-on.

Bingo. Du patient zéro contaminé lors de l'expédition, on tirera un serum qu'on inoculera, en différentes versions, à 12 condamnés à mort et une petite fille. Ca paraissait un bon deal : ton corps contre la vie (en taule confort mais en vie quand même). Ce sera un bon deal... pour les prisonniers. Inoculés, ils se transforment en créatures puissantes, affamées. Dans ma tête, elles ressemblent à des stryges, comme la bd mais avec des pieds plus fourchus. Inoculés, ils se libèrent. Inoculés, ils se nourriront du monde, transformant ceux qu'ils ne tuent pas. Ce sont désormais des viruls parce que les vampires, ça n'existe pas dira un papa à sa petite fille. Pourtant ça y ressemble. Ils sont 12 et autour d'eux, leur Multitude. La Petite Fille, contaminée par une version megalight du virus sera sauvée. Par qui ? Comment ? Je vous invite à le découvrir vous-même.


Un siècle plus tard, ça doit faire un truc genre 2110, des humains, il ne reste plus grand chose. On suit alors une colonie qui vivote comme elle peut, au rythme des règles de survie établies 100 ans auparavant, découpée en fonctions plus qu'en individus. Mais on ne peut pas tout à fait tuer la pensée individuelle. Ni l'envie d'une vie meilleure, d'ailleurs. C'est par elles que commencera la seconde épopée du récit, celle d'un groupe qui décide de chercher d'autres survivants parce qu'il doit forcément y avoir une solution, quelque part. A moins qu'ils n'aient la solution avec eux, dans le corps de cette adolescente arrivée on ne sait comment à la Colonie.

Que dire du Passage qui ne soit pas extrêmement enthousiaste ? Pour moi, c'est un carton plein, du début jusqu'à la fin, quelque soit la partie du récit ou les choix narratifs de l'auteur.
La première partie est une véritable chorale. On passe, sans notation de chapitre ou presque, d'un personnage à un autre, du récit court et flippant de l'expédition par mail aux agents chargés d'amener un des prisonniers. De la vie de la petite fille à celle du mec qui fait le ménage dans le complexe militaire. Etc. Tout ça forme un tout, un puzzle fascinant dont Cronin fournit les pièces intelligemment.
La seconde partie, plus longue (en tout cas il m'a semblé) est également intense. On découvre le mode de fonctionnement de la colonie, les modes de survie en même temps qu'on s'attache aux protagonistes. C'est encore plus douloureux quand vient le temps d'en faire mourir un ou deux sur la route. On les a tous aimé, on a eu peur pour eux mais on le sait bien que tous n'arriveront pas à destination pour différentes raisons, toujours en rapport avec leur psychologie développée sans lourdeur, avec beaucoup de grâce et d'affection de la part de l'auteur.

Enième récit post-apocalyptique, énième revue du mythe du vampire me dira-t-on avec raison. Mais avec un brio, un background qui placent Le Passage et son auteur à mille lieues des dizaines de daubes sur ces sujets sorties depuis trois ou quatre ans, se débarrassant sans complexe des mythologies lourdes associées aux deux genres. Je le vois passer en série télé ce bouquin. Je le vois là, devant mes yeux, tellement l'écriture rend les images vivantes. 2012 me paraît loin. Il y a à peu près zéro chance que j'attende la traduction malgré les 1000 pages probables à me farcir en anglais. Tant pis, je veux la suite !


Rien à voir, comme toujours, autres lectures conseillées :

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/Grandes110/8/2/0/9782226220028.gif- Le dernier Riordan, dans le monde des Percy Jackson, Le Héros Perdu.
Ca se dévore en deux heures. Des nouveaux héros impeccables, un monde bien maîtrisé, une nouvelle histoire passionnante. Encore un cadeau pour les ptits neveux (et un cadeau pour les grands mais chuuuuuuuut, faut une bonne excuse pour se jeter à corps perdu dans les lectures des 12-15 ans).
Là aussi, va falloir s'armer de patience et de faux ongles à ronger pour supporter l'attente de la suite !


http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/Grandes110/0/7/0/9782264052070.gif - Il était une fois un crime de Lee Jackson.
Aucun rapport avec la choucroute du magasin mais un polar victorien qui se lit d'une traite et qui prouve que sisi, les hommes aussi possèdent des belles langues de vipères. Un crime, des policiers qui retrouvent le journal intime du possible coupable et par son biais découvrent la descente aux enfers d'un homme qui se bat contre son passé. C'est très triste sur le fond et souvent très drôle sur la forme en même temps aussi : le récit quotidien du petit bourgeois londonien au XIXème siècle, perclus de ses indignations et de ses aspirations (et de ses BIIIIIIIIIIIP beaux-parents), ça vaut un bon tabloïd. 

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Published by Imagin'ères - dans Littérature fantastique
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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:05

http://img.over-blog.com/183x300/3/97/51/58/fevrier/la-librairie-des-ombres.jpg  La librairie des Ombres, un premier roman de Mikkel Birkegaard éditions 10/18, en domaine policier.
Bizarrement, c'est en domaine policier donc. Après lecture, je ne comprends pas pourquoi mais les mystères de l'édition sont impénétrables. A la rigueur, ça pourrait faire thriller fantastique. Emphase sur fantastique et à la rigueur. Ok, une collection dédiée fantastique n'existe pas chez 10/18 mais "domaine policier" c'est trompeur.


De quoi ça cause ?
Ca commence avec Luca, un libraire d'origine italienne, qui vit à Copenhague. C'est aussi là où il va mourir. Dans sa librairie cosy, un endroit classe comme on les rêve, au milieu d'ouvrages de collection, sur des étagères en bois vieillies au rythme des passages de ses lecteurs.

Luca meurt un peu bizarrement, plongé dans un bouquin, il ne peut s'arrêter de lire, jusqu'à en claquer.
Ca continue avec Jon, avocat megatalentueux of doom, qu'aurait kiffé OJ Simpson, tellement tout le monde s'en sort bien grâce à lui et qui découvre la mort de son père alors qu'il vient de gagner brillament la cause de Muhammed, un concouriste accusé de recel par une bande de policiers qu'on soupçonne très légèrement d'être megaracistes.
Jon déboule alors dans la librairie de son père à qui il ne parlait plus depuis des années, pour découvrir que Luca, paisible commerçant, était un lettore.

Quoi ça ? Un Lettore, c'est un homme capable d'influencer les gens par le biais de sa lecture, capable de charger un texte d'intentions ou d'augmenter les sensations de la lecture. Un rêve de publicitaire. Et de libraire.  Il en existe deux sortes, que  je vous laisse découvrir, c'est super bien amené, un vrai bonheur à lire.
Luca, accompagné du collègue (et ami) de son père, ainsi que de la charmante dysléxique Katherina, va se lancer sur les traces des meurtriers de son père. Un chemin semé d'embuches et de livres, on s'en doute.

Avant d'être un polar, La Librairie des Ombres est un livre fantastique, comme on l'a dit. Alors oui on enquête au sein de sociétés secrètes, on navigue entre les traîtrises et les incendies mais on est pas dans le Da Vinci Code. C'est avant tout un superbe récit quasi-initiatique (sans Garion et Belgarath) moderne, ultra bien mené, bien écrit, sur des gens fascinants capables de choses extraordinaires. Les rebondissements s'enchaînent au rythme des progrès de Jon à maîtriser ses capacités. Comme dirait Rafi, on tourne les pages avidement.

Autre chose, je soupçonne le monsieur de Livre Hebdo qui signe le "oh c'est trop bien" du 4ème de couverture soit :
- d'être une chochotte ("Ca fait délicieusement peur"), ce qui n'est pas une honte en soi, entendons-nous bien. Parce que ça ne fait pas peur, mais alors pas une seule seconde ; genre pas du tout. Peut-être qu'il est ultra sensible aux implications politiques potentielles chez les lobbyistes qui pouraient utiliser ces pouvoirs mais ça semble peu crédible.
- soit de ne pas avoir lu le bouquin ("il nous faudra montrer encore plus de respect pour les livres, sinon ils pourraient se venger") parce que ce n'est pas du tout le propos. Mais alors pas du tout. Les livres sont des objets parfaitement inanimés, uniquement chargés des intentions de leurs lecteurs. A aucun moment les bouquins ne sont responsables de quoi que ce soit. Ce n'est pas l'histoire de Chucky, le bouquin qui tue.

Tout le blabla pour dire qu'on passe un bon moment, sans prise de tête. Une lecture idéale au fond du lit,  blotti au chaud, un peu avant le sommeil, quand l'esprit s'imprègne des derniers événements de nos journées avant de rentrer dans le rêve.

A part ça et rien à voir avec la choucroute, on n'en parlera pas ici plus avant vu que ce n'est pas une lecture adaptée à ce blog (c'est un thriller qui ramène Dexter à un tendre agneau) mais si vous avez l'occasion, il faut lire Au-delà du Mal, de Shane Stevens, chez Pocket. Mais là, il vaut mieux éviter de le faire avant de dormir. Déjà parce que ça ne se lache pas une fois entamé et qu'on bosse le lendemain mais ensuite et surtout pour la masse de cauchemars que ça peut entraîner tellement c'est horrible et bien écrit. Mais horrible. 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 12:41

http://www.eclipse.fr/images/stories/couvertures/horreur/abraham_lincoln.jpgAbraham Lincoln, Chasseur de Vampires - Seth Grahame-Smith

Quatrième de couverture :

"Dans un chalet, Abraham Lincoln, neuf ans, était agenouillé au chevet de sa mère.

— Mon tout petit… soupira-telle avant de rendre l'âme.
Ce n'est que plus tard qu'Abraham, endeuillé, apprendra que le mal funeste ayant emporté sa mère était l'œuvre d'un vampire…
Dès lors, il jura de consacrer sa vie à poursuivre un seul et unique objectif: exterminer tous les vampires. Grâce à sa stature légendaire, à sa force et à sa maîtrise de la hache, le jeune Lincoln s'engage sur le chemin de la vengeance, qui le mènera jusqu'à la Maison Blanche.
Si Abraham Lincoln est mondialement connu pour avoir sauvé l'Union et libéré des millions d'esclaves, sa lutte sans merci contre les morts-vivants est demeurée secrète pendant presque deux cents ans, jusqu'à ce que Seth Grahame-Smith ne tombe sur Le Journal Secret d'Abraham Lincoln. À l'aide de ce journal, Seth reconstitue la véritable histoire du plus grand président américain, dans un style biographique digne d’un David McCullough. Pour la première fois, il révèle la vérité cachée derrière la guerre de Sécession, ainsi que le rôle des vampires dans l'édification, l'essor et la quasi-chute des États-Unis d'Amérique."

Seth reprend donc ici l'histoire de Lincoln, personnage emblématique de l'histoire américaine. Il mêle habilement dans son récit l'histoire et la fiction avec un style fluide et facile à lire. Le récit est narré à la troisième personne mais est truffé de passages du véritable Journal d'Abraham Lincoln, renforçant la dimension" véridique" de l'histoire.
Le roman est divisé en trois parties : l'enfant, le chasseur de vampires et le Président. L'auteur a un bon sens du rythme, anecdotes historiques et péripéties vampiriques se succèdent et se complètent avec brio. J'avoue qui plus est, être assez passioné par l'époque et le pays. Et, il faut bien le dire, Lincoln est lui même un personnage hors normes connu surtout pour son role pendant la guerre de Sécession et l'image de l'homme plus grand que nature qu'on peut en avoir à travers le cinéma. Je pense à des scènes comme celle de James Stewart face à la statue de Lincoln dans Monsieur Smith au Sénat.

C'est donc avec un intérêt marqué pour la partie historique que j'ai suivi le roman, allant me documenter sur les véritables faits ; que l'auteur a su fort bien utiliser. Là où le roman pêche un peu c'est qu'il n'y a pas de véritable surprise pour l'aspect vampirique. Tout est très bien fait, s'enchaine avec logique, mais il n'y a guère d'innovations. On a les vampires manipulateurs du sud, ceux du nord, les tueurs sadiques, les "modérés"....

L'avis subjectif et partial : un roman agréable et bien fait mais sans grandes surprises. Le film en préparation pourrait s'avérer beaucoup plus palpitant.
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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 00:00

http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1043/1043283-gf.jpg Terreur - Dan Simmons

Edité par Pocket - presque 1000 pages de bonheur et de crampes au bras à force de le serrer très fort.

De quoi ça cause ? Réponse de l'éditeur :

Le 19 mai 1845, le HMS Erebus et le HMS Terror quittent l'Angleterre sous les vivats de la foule. Avec ces navires, le vénérable sir John Franklin entend enfin percer le mythique passage du Nord-Ouest. Mais à l'enthousiasme succèdent bientôt la désillusion, puis le drame. Mal préparée, équipée et dirigée, l'expédition se retrouve prisonnière des glaces et de la nuit polaire. La mort frappe. La maladie se répand. La faim, la mutinerie et la folie couvent. Et rôde une mystérieuse et terrifiante créature, incarnation des peurs ancestrales de l'homme face aux éléments. Le 19 mai 1845, cent vingt-neuf hommes partaient pour un voyage au bout de l'enfer blanc. Combien en reviendront vivants?

A ma grande honte, Dan Simmons ne me fait ni chaud ni froid habituellement. Je reconnais volontiers ses talents de conteurs mais bon, ses histoires ne me parlent pas, ça arrive hein, me tapez pas. Je me suis laissée vendre à mon coeur défendant Terreur par mon Tendre, adepte hardcore de Simmons, un peu perplexe en le voyant dévorer les 1000 pages du bouquin en anglais. Alors oui, j'ai promis cent fois que j'essayerai, mais bon, 1000 pages en anglais qui ne sont ni Fables ni Harry Potter, y avait comme un air de maldone. Puis le bouquin est sorti en français. Acculée, en pleurant, je l'ai pris en main, cherchant encore une fois des excuses du genre "j'ai perdu un oeil en faisant la cuisine" , "tu comprends, j'ai trop de travail" suivi de "nan mais regarde la taille de la pile en retard, je n'ai même pas entamé Mercy Thompson, ça va pas être possible". Et puis il m'a fait ses yeux de Chat Botté alors bon, je l'ai ouvert le bouquin. Là, je suis encore dedans mais j'ai envie d'en parler tout de suite, tant que c'est chaud (haha).

En deux mots : c'est énorme.
Enorme.

Déjà, ça parle d'un truc qui ne m'a jamais effleurée : les expéditions dans le grand nord Arctique. Honnêtement (et un peu honteusement désormais !) ça ne m'a pas traversé l'esprit que des gens pouvaient volontairement se geler les miches par esprit de découverte. Prenez le temps d'imaginer deux minutes : on est au beau milieu du XIXème siècle, il n'y a pas internet, pas de TGV, pas de téléphone portable, Decathlon n'a pas inventé la tente Quechua, no thermolactyl de Damart et des grands malades se disent depuis des années qu'il faut explorer cette partie du monde, en hiver perpétuel ou presque, pour trouver un passage rapide vers l'Asie. En bâteau. EN BÂTEAU !
On trouve donc nos personnages principaux prêts à partir à bord de deux navires de la Royal Navy : le HMS Terror et le HMS Erebus. Dan Simmons nous raconte l'ampleur de la tache, les tonnes de charbons et de bouffe, les renforcements des vaisseaux, les milliers de choses à penser avant de partir pour trois ans au moins. Trois ans ! Vous vous imaginez dans le grand blanc pendant trois ans avec les même 100 personnes ? Là oui, on peut parler de goût de l'aventure et d'esprit de sacrifice ! En gros, ces deux navires sont leurs stations spatiales de l'époque : une oasis au milieu d'un grand vide mortel. Alors ok, les marins qui y vont seront grassement payés (pour l'époque), ce qui motive la plupart d'entre eux mais tout de même, faut se le sentir.

http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2008/08/16/article-0-024C2B5400000578-307_468x317.jpgUne illustration de 1845 du HMS Terror et HMS Erebus, pour le London News.
Car oui, ceci est tiré d'une histoire vraie. L'expédition est tout ce qu'il y a de plus réelle !
Dan Simmons a bossé comme un fou pour s'assurer de l'exactitude de ses descriptions, ce qui rend le bouquin encore plus ancré dans le réel, un semi récit de voyage grandiose et érudit à la Patrick O'Brian (sans les batailles navales).

 

C'est ce qu'il y a de grandiose avec ce bouquin, c'est qu'on ressent tout l'enthousiasme de ces hommes à marquer l'histoire, à  rendre service à leur patrie tout en inscrivant leur nom au panthéon des découvreurs. Et puis comme eux, on commence à se demander ce qu'ils fichent là, au coeur de ces températures dont on n'arrive même pas à saisir le chiffre en négatif si on est pas un pingouin, surtout quand arrive la Bête, la Terreur, qui les hante, semble les chasser en version Predator : elle est là, elle est toujours là, elle ne fait que de brèves incursions mortelles, on ne la voit pas, mais elle est là, attendant de frapper, comme un chat qui guette patiemment que la souris sorte de son trou. Et l'angoisse nous bouffe comme elle prend ces fiers marins, coincés par la banquise, le moindre craquement des navires provoque des battements de coeur, on a envie de leur hurler "Courez ! Courez ! Retournez à pied ou à la nage au Canada, en Angleterre, n'importe où mais courez !".


Tour de force, les personnages sont loin d'être sympathiques au départ. Certains sont même franchement antipathiques au point de se dire que s'ils pouvaient se faire bouffer par un ours, ça ferait de la viande supplémentaire pour les jours de disette et qu'au moins ils seraient utiles à l'humanité. Mais le noir et blanc, ce n'est manifestement pas son truc à Simmons du coup, ses héros sont à l'image de la lumière dans l'Arctique : ce n'est pas la nuit, ce n'est pas le jour, juste une lueur crépusculaire. Alors on s'attache malgré soi : après tout, ce sont peut-être des cons mais quoi qu'il arrive, quel que soit leur passé ou leur conception de la vie, personne ne mérite la Terreur.

La narration est complexe et fluide. Attention : il faut être attentif au départ aux dates en tête de chapitre. Pas faire comme moi qui voit des nombres et qui n'imprime pas (les nombres et les maths, ça pue). En effet, l'histoire est à plusieurs voix et pendant un gros 300 pages, elle n'est pas chronologique. On découvre des personnages différents qui racontent directement par le biais de leur journal ce qui se passe pour eux à un instant T, ou d'autres en narration omnisciente. Evidemment, tous ces éléments sont liés mais ils ne sont pas dans l'ordre. Ca peut être perturbant avant de percuter. L'effet principal provoqué c'est une curiosité frénétique. On suit un personnage, il s'est manifestement passé un truc pour arriver à une situation dramatique mais non, Simmons ne te dit pas tout de suite quoi. Mais toi tu veux savoir. Alors tu tournes les pages, tu tournes les pages et tu te rends compte qu'il est 3h du mat' et qu'il faut aller dormir alors que Franklin a l'air d'être un peu gravement dans la mouise.

C'est qui Franklin ? Et ben faut lire le livre. Na. 11 euros pour toutes ces pages érudites, ce condensé de savoir pour le plaisir, et cette masse d'émotions diverses, c'est une bonne affaire.  

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 17:46

Résumé éditeur :

Gardien de démons, c'est pas un métier facile!

Nat est devenu gardien de démons depuis que son mentor a disparu. Heureusement, la plupart de ces créatures gaffeuses sont relativement inoffensives. Enfin... à l'exception de la Bête enfermée dans la cave.
Et puis Nat a des instructions claires. Par exemple: un Gardien ne doit pas avoir de petite amie. Mais quand Sandy lui propose un rencard au centre commercial, Nat oublie ses bonnes résolutions et tout part en vrille: la maison est cambriolée et la Bête s'échappe...


Nat est un vrai anti-héros, d'une extrême maladresse, un Harry Potter en puissance. Sincèrement, plongé dans un monde peuplé de démons que le commun des mortels ne peut pas voir, on ne lui donne pas longtemps à vivre. Heureusement que son côté gauche s'atténue un peu à la fin du livre lors du combat avec les vrais méchants : l'Homme Squelettique ( avec un nom pareil on se doute que c'est le gros vilain du roman ) et La Bête.
Sandy, la bibliothécaire, est une vraie caricature : la fille intelligente, gentille mais coincée, qui ne sort pas avec les garçons. Un vrai remède contre l'amour sauf pour notre gentil héros en pleine crise d'adolescence...
Le petit plus du roman ce sont les démons de Nat, ses favoris : Tourbillon, Nik et Pernicieux, surtout ce dernier dont le prénom aura au moins le mérite d'apprendre du vocabulaire aux jeunes lecteurs. Ils sont plutôt attachants et ne ratent pas une occasion de faire des bêtises. Ils deviennent même assez redoutables à la fin quand il s'agit de défendre leur maître.

Mon avis :
En bref, c'est donc un livre très court qu'on peut lire en deux heures à peine avec très peu de détails, pas ou peu de descriptions, ce qui fait à la fois sa force car le récit est fluide et qu'il y a toujours de l'action et sa faiblesse car de nombreux points du roman mériteraient d'être développés.
Je le conseille plutôt à de jeunes lecteurs qui débutent dans la littérature fantastique mais pas trop jeunes quand même car certains passages sont assez gores.
Petit livre loufoque à lire sans se prendre la tête !!!

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 12:45

 

http://www.unificationfrance.com/IMG/jpg/9106_Louisiana_breakdown.jpgGraal, trou paumé au fin fond du trou paumé de l'Amérique : la Louisiane. Une petite ville oubliée, moite, lente, pleine de vieux alcooliques, de femmes aussi malheureuses que mystérieuses, d'histoire qui se répète et de magie.

C'est l'histoire de Jack Mustaine, le bluesman dont la vieille caisse tombe en panne à proximité et de Vida, la très belle et très perturbée Vida, offerte enfant au Bon Homme Gris qui protège la ville et poursuivie par une les ombres de Marsh, une sorte de sorcier qui lui a tout volé.
Jack et Vida se trouvent et s'aiment tout de suite dans la chaleur de ce 22 juin. Mais en serrant Vida contre lui pour la première fois, c'est toute la folie et les mystères de la ville que Jack prend dans ses bras.

Ce bouquin est une oeuvre des plus étranges. On ne sait pas trop où Shepard veut en venir, on ne sait si Vida et les autres sont fous ou réellement maudits mais on les suit sur un chemin fascinant et effrayant grâce à son atmosphère particulière.. aaaaah, l'atmosphère.... La Louisiane, je n'y ai jamais mis les pieds mais j'avais l'impression d'y être, en tout cas d'être dans celle qu'on imagine pour l'avoir lue mille fois mais rarement avec le talent de Shepard.
Graal, c'est la Louisiane du générique d'Alan Ball. Ce truc qui vibre, qui tremble, qui hystérise. C'est un mélange de superstitions et de christianisme, de sexe et de religion. C'est la chaleur et l'humidité. Les marais et les planches en bois qui pourrissent. La méfiance et la haine des Elus et le respect teinté de peur. C'est l'Amérique qui pue la misère et les animaux écrasés.

Louisiana Breakdown est servi par un style magnifique : sans urgence mais rapidement, le décor est planté, les personnages évoluent devant nos yeux avec précision mais aussi glissants que le serpent de la couverture. On referme le livre entre deux eaux, le rêve et la réalité. Pour être tout à fait honnête, j'en suis sortie un peu perturbée, sans bien comprendre ce qui m'avait hypnotisée pendant trois heures,  ni même où mon temps était passé mais pour rien au monde je n'aurais lâché ce bouquin avant son point final. Il colle à la peau, étouffe et reste dans la tête bien après lecture.

Vous trouverez les 190 pages de l'histoire de Jack Mustaine aux éditions J'ai Lu, pour la modique somme de 5,60 euros.

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 08:20

Orgueil et Préjugés et Zombies (éditions Flammarion) : Seth Grahame-Smith.

Son projet ressemble à un pari de potache! Rajouter des zombies à un classique de la littérature anglaise du XVIIIème siècle...Shocking! Oui mais sans dénaturer le roman ni modifier sa structure!! 80% d'Orgueil et Préjugés est conservé et Jane Austen promue à son insu co-auteur d'une variante des plus improbables!

Et pourtant, l'essentiel a été gardé : l'histoire, les personnages, le ton... On retrouve le quotidien des soeurs Bennett qui n'ont pour toute perspective de survie qu'un mariage financièrement avantageux (ah! les joies de la condition féminine de l'époque!). Orgueil et Préjugés est avant tout une étude des caractères et des moeurs de ses contemporains, aussi cinglante que le permet la bienséance d'alors.
(Pour les réfractaires à sa lecture, je vous conseille la très inspirée adaptation de Joe Wright avec Keira Knightley)


Quid des zombies, me direz-vous? Eh bien, j'avoue avoir été un peu partagée. Non pas parce qu'il "malmène" un classique...au contraire! L'idée de voir les soeurs Bennett, maîtrisant les arts martiaux, contraintes d'affronter des zombies, appelés ici les innommables, entre deux bals ou deux visites de coutoisie à leur voisinage, promettait de beaux moments...


 Alors oui, Seth Grahame-Smith prend un réél plaisir à décaler par petites touches, déclenche quelques éclats de rire, fait un nouveau sort à certains personnages secondaires, pousse le vice jusqu'à détourner la couverture d'origine...
http://editions.flammarion.com/docs/Albums/36361/9782081229495.jpghttp://editions.flammarion.com/docs/Albums/36362/9782081229501.jpgMalgré tout, les zombies restent relégués au décor puisque, ne pouvant modifier en profondeur le texte, ils ne sont à l'origine d'aucune péripétie narrative, d'aucun réel bouleversement. Autrement dit, les zombies se fondent parfaitement dans le décor et se sont particulièrement bien adaptés à celui d'Orgueil et Préjugés, ce qui est remarquable!!

Ce qui m'est d'abord apparu comme une tentative un peu timide de délire littéraire, un pétard mouillé en quelque sorte, s'est révélé finalement conforme à son projet initial. Il n'a jamais été question de parodie et c'est là que réside tout son talent!

Seth Grahame-Smith, en fin connaisseur du roman, est allé aussi loin qu'il le pouvait en respectant le texte et sa promesse d'un Orgueil et Préjugés et Zombies!

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:45

http://www.phenixweb.net/IMG/jpg/moore.jpgRésumé éditeur :

Les habitants de la petite bourgade californienne de Pine Cove, tous plus ou moins contaminés par l'esprit du Noël qui s'annonce, sont occupés à acheter et à emballer les cadeaux. Après tout, n'est-ce pas là le moment le plus festif de l'année ? Mais certains ne sont pas à la fête. Le petit Joshua Barker, par exemple, attend désespérément un miracle.
Est-il condamné sur son lit de mort ? Son chien a-t-il encore fugué ? Pas du tout. Josh est seulement certain d'avoir vu le Père Noël se faire tuer d'un coup de pelle en pleine tête. Alors, le gamin de sept ans n'a plus qu'une seule et unique prière: Je t'en supplie, Père Noël, reviens d'entre les morts. Mais attendez ! Car l'archange Gabriel en personne, descendu sur terre à la recherche d'un enfant dont le voeu doit être exaucé, va voler à son secours. Malheureusement, notre ange n'est pas des plus dégourdis, il aurait même l'auréole un peu terne; sans coup férir, il va plonger les habitants de Pine Cove dans le chaos, et leur offrir la plus hilarante et horrible soirée de Noël que la communauté ait jamais connue.


En visite à la librairie L'Atalante à Nantes (oui, la librairie qui a donné naissance à une des plus belles maisons d'édition SF-Fantasy), j'ai vu ce livre sur la table. Ca remonte un peu donc, rapport à ce que la couv' dit que c'est un livre de Noël. J'avais adoré L'agneau du même auteur, chez Gallimard la Noire sivouplé. C'était drôle, bien vu, enlevé et même érudit parfois. Un ptit bijou à garder précieusement. Logiquement, tu fais confiance à l'auteur après un truc chouette.

Oulalalalala, quelle erreur mes aïeux quelle erreur ! C'est tout naze ! Ca n'en finit pas de dauber !

Ca commence pourtant sympathiquement dans une petite ville classique américaine, comme on la voit à la télé dans Chuck, les Sopranos, Desperate Housewives pour la version riante ou dans Friday Night Lights pour la version pauvre pré-Columbine ou encore Treme pour celle ravagée par un ouragan ou plus accurate : les Gremlins I. On les voit les pinèdes, les petites maisons en bois et le "Mall". On le voit le shérif. On le voit le pochtron aigri du coin. On la voit son ex-femme. On voit même le petit nenfant qui prie parce que le Père Noël est tout mort. Tout ceci est très bien rendu., impeccable. Le voisinage étouffant, la banlieue. Bref, l'antichambre d'un enfer en forme de rêve américain.

Là où ça rate c'est qu'il en fait trop Cricri. Trop de caricatures, trop de situations capillotractées et même trop de gros mots. C'est lourd, genre super lourd. Les blagues, on les a lues chez Ruquier. Pas que je lise Ruquier notez bien mais j'imagine que c'est ce genre d'humour pourri. Pourtant, je ne suis pas du tout allergique à l'humour bien relou, je le manie souvent et bien plus que la raison ne l'autorise, mais là, c'est trop boulet, même pour moi.
Tant pis !

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 11:09
Fleurs de Dragon - Jérôme Noirez
Une histoire complète en poche chez J'ai Lu.

La couverture aide un peu, cette histoire se passe dans le Japon Médieval, en 1489.
Résumé de l'éditeur (c'est samedi matin, j'ai la flemme de faire plus) :
Dans un pays sombrant dans le chaos des guerres civiles, l'enquêteur Ryôsaku est chargé par le shôgun de pourchasser de mystérieux assassins prenant pour cibles des samouraïs. En compagnie de Kaoru, Keiji et Sôzô, trois adolescents maîtrisant l'art du sabre, mais hantés par un passé douloureux, il traque sans merci ces tueurs insaisissables. Armé de son seul "marteau à sagesse", Ryôsaku devra éviter à ses compagnons de tomber dans des pièges aussi nombreux que pervers et affronter l'essence même du mystère.
Les jeunes samouraïs et leur mentor auront fort à faire pour mettre au jour un secret plus terrifiant encore que tout ce qu'ils auraient pu imaginer.
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Les trois petits points, c'est pour le suspens j'imagine.


Les personnages principaux sont excellents, tous différents, tous complémentaires, tous attachants et surtout leurs interactions créent parfois des scènes très drôles !
D'abord le mentor Ryôsaku, chargé par un ancien shôgun mourant de retrouver les meurtriers, combattant sans autre arme qu'un maillet qu'il utilise pour faire rentrer des leçons de vie dans la tête des trois jeunes nobles récalcitrants qui l'accompagnent.
Ensuite il y a Keiji, vagabond depuis ses douze ans, voleur à ses heures et excellent bretteur autodidacte.
Puis Sôzô, renié par son père parce qu'il préfère le biwa (luth chinois) au sabre, sensible et courageux.
Et le sacerdoce de tout homme, Kaoru. Un peu con comme la lune, trop vantard et voyeur. Gentil hein, mais pas le plus beau nashi du panier.
Voilà les trois compagnons refilés à Ryôsaku par le shôgun que l'on soupçonne pour le coup d'être un peu gâteux.

L'enquête autour des meurtres des samouraïs est prétexte au voyage et c'est tant mieux ! On en a bouffé en roman policier de meurtres de samouraïs, ça va bieng heing, on les a tué de toutes les façons possibles et imaginables, faut les laisser mourir en paix maintenant.
Le voyage au travers de l'imaginaire japonais, de ses fantômes et esprits, de ses kami et yokaïs est enrichissant, agréable. Les images sont vivaces grâce à des descriptions poétiques, lentes sans lourdeur. On prend le temps de lire, de s'arrêter, de visualiser, de reprendre, sans le moindre ennui. L'écriture est fluide, simple. 
Toutefois (et voilà le retour de mémé la râloche), les interjections sont parfois un peu artificielles, comme si l'auteur cherchait à nous caser un maximum de couleur locale mais cela ne gâche vraiment pas la lecture !

Bref, une lecture agréable, vraiment idéale si on a envie de partir de sa tête quelques heures.
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