Le Passage de Justin Cronin, éditions Robert Laffont. Gros et lourd genre 1000
pages qui font des crampes dans tes bras quand tu lis le soir.
Achtung : c'est le premier volet d'une trilogie. En VO, le tome 2 est prévu pour 2012, le dernier pour 2014.
Achtung bis : ce billet contiendra des spoilers sur les 500 premières pages.
20?? une expédition dans une forêt bizarre, tout le monde claque ou presque. Fallait pas tomber sur des chauve-souris agressives et pleine de virus. Ca vous fera les pieds d'aller vous balader
dans la forêt, tas de scientifiques hippies.
2010 : l'armée a développé un mega complexe secret suite à cette expédition. Normal. C'est l'armée. Vont vouloir en faire une mega secret weapon à tous les coups se dit-on.
Bingo. Du patient zéro contaminé lors de l'expédition, on tirera un serum qu'on inoculera, en différentes versions, à 12 condamnés à mort et une petite fille. Ca paraissait un bon deal : ton corps contre la vie (en taule confort mais en vie quand même). Ce sera un bon deal... pour les prisonniers. Inoculés, ils se transforment en créatures puissantes, affamées. Dans ma tête, elles ressemblent à des stryges, comme la bd mais avec des pieds plus fourchus. Inoculés, ils se libèrent. Inoculés, ils se nourriront du monde, transformant ceux qu'ils ne tuent pas. Ce sont désormais des viruls parce que les vampires, ça n'existe pas dira un papa à sa petite fille. Pourtant ça y ressemble. Ils sont 12 et autour d'eux, leur Multitude. La Petite Fille, contaminée par une version megalight du virus sera sauvée. Par qui ? Comment ? Je vous invite à le découvrir vous-même.
Un siècle plus tard, ça doit faire un truc genre 2110, des humains, il ne reste plus grand chose. On suit alors une colonie qui vivote comme elle peut, au rythme des règles de survie établies 100
ans auparavant, découpée en fonctions plus qu'en individus. Mais on ne peut pas tout à fait tuer la pensée individuelle. Ni l'envie d'une vie meilleure, d'ailleurs. C'est par elles que
commencera la seconde épopée du récit, celle d'un groupe qui décide de chercher d'autres survivants parce qu'il doit forcément y avoir une solution, quelque part. A moins qu'ils n'aient la
solution avec eux, dans le corps de cette adolescente arrivée on ne sait comment à la Colonie.
Que dire du Passage qui ne soit pas extrêmement enthousiaste ? Pour moi, c'est un carton plein, du début jusqu'à la fin, quelque soit la partie du récit ou les choix narratifs de
l'auteur.
La première partie est une véritable chorale. On passe, sans notation de chapitre ou presque, d'un personnage à un autre, du récit court et flippant de l'expédition par mail aux agents chargés
d'amener un des prisonniers. De la vie de la petite fille à celle du mec qui fait le ménage dans le complexe militaire. Etc. Tout ça forme un tout, un puzzle fascinant dont Cronin fournit les
pièces intelligemment.
La seconde partie, plus longue (en tout cas il m'a semblé) est également intense. On découvre le mode de fonctionnement de la colonie, les modes de survie en même temps qu'on s'attache aux
protagonistes. C'est encore plus douloureux quand vient le temps d'en faire mourir un ou deux sur la route. On les a tous aimé, on a eu peur pour eux mais on le sait bien que tous n'arriveront
pas à destination pour différentes raisons, toujours en rapport avec leur psychologie développée sans lourdeur, avec beaucoup de grâce et d'affection de la part de l'auteur.
Enième récit post-apocalyptique, énième revue du mythe du vampire me dira-t-on avec raison. Mais avec un brio, un background qui placent Le Passage et son auteur à mille lieues des
dizaines de daubes sur ces sujets sorties depuis trois ou quatre ans, se débarrassant sans complexe des mythologies lourdes associées aux deux genres. Je le vois passer en série télé ce bouquin.
Je le vois là, devant mes yeux, tellement l'écriture rend les images vivantes. 2012 me paraît loin. Il y a à peu près zéro chance que j'attende la traduction malgré les 1000 pages probables à me
farcir en anglais. Tant pis, je veux la suite !
Rien à voir, comme toujours, autres lectures conseillées :
- Le dernier Riordan, dans le monde des Percy Jackson, Le
Héros Perdu.
Ca se dévore en deux heures. Des nouveaux héros impeccables, un monde bien maîtrisé, une nouvelle histoire passionnante. Encore un cadeau pour les ptits neveux (et un cadeau pour les grands mais
chuuuuuuuut, faut une bonne excuse pour se jeter à corps perdu dans les lectures des 12-15 ans).
Là aussi, va falloir s'armer de patience et de faux ongles à ronger pour supporter l'attente de la suite !
- Il était une fois un crime de Lee
Jackson.
Aucun rapport avec la choucroute du magasin mais un polar victorien qui se lit d'une traite et qui prouve que sisi, les hommes aussi possèdent des belles langues de vipères. Un crime, des
policiers qui retrouvent le journal intime du possible coupable et par son biais découvrent la descente aux enfers d'un homme qui se bat contre son passé. C'est très triste sur le fond et souvent
très drôle sur la forme en même temps aussi : le récit quotidien du petit bourgeois londonien au XIXème siècle, perclus de ses indignations et de ses aspirations (et de ses BIIIIIIIIIIIP
beaux-parents), ça vaut un bon tabloïd.
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La librairie des Ombres, un premier roman de Mikkel Birkegaard
éditions 10/18, en domaine policier.
Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires - Seth Grahame-Smith

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